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J’ai
récemment reçu un cadeau merveilleux. Ce cadeau, est emballé avec
tellement de soin, qu’il n’est pas question que j’arrache l’emballage.
Surtout qu’il y a une note qui l’accompagne et qui dit:
"Précieux et fragile, manipulez avec soin". J’ai donc
entrepris de le déballer lentement, délicatement prenant soin d’abîmer
le délicat emballage qui cachait un coffret. Un coffret du genre de ceux
qu’on voit dans les films anciens; un coffret semblable à ceux que les
pirates utilisaient pour mettre leurs trésors à l’abri des curieux; un
coffre aux trésors, protégé par un gros cadenas. Derrière ce cadenas,
on peut lire:"Je protège un trésor d’une valeur inestimable. Ne
cherchez pas la clé qui m’ouvre, elle n’existe tout simplement pas.
Je m’ouvrirai pour la personne qui sera prête à accepter la
responsabilité du trésor, avant même de savoir ce qu’il cache. Le
trésor devra être partagé et on devra le laisser libre".
Je me suis assise là, devant l’immense coffre. Plus je l’observais,
plus je sentais en moi le besoin de savoir ce qu’il contenait. Mais,
pour savoir, il fallait que j’accepte d’en être responsable, de le
partager et de le laisser libre. Quel trésor peut me demander d’en
être responsable? Pourquoi j’accepterais de partager un trésor dont je
suis la seule responsable? Pourquoi je ne peux pas le garder pour moi
seule si j’en suis responsable? Ça en fait des questions…
À force de réfléchir, j’ai fini par ouvrir mon cœur, ma conscience
et mes bras et d’accepter inconditionnellement ce trésor. À la seconde
où j’ai pris ma décision, j’entends un "shlack", c’était
le cadenas qui s’ouvrait. Je m’avançai lentement, prudemment du
coffre que j’ouvre avec mille précautions. Il contenait un petit
coquillage; un simple coquillage
Je comprenais de moins en moins… C’était d’un ridicule. On me
demande d’être responsable d’un simple coquillage, de la partager et
de le laisser libre ; c’est insensé! Bon, je vais le prendre avec
moi et attendre la suite des événements, on ne sait jamais. J’ai sorti
le petit coquillage du coffre, je l’ai mis dans mes poches et je me suis
mise à réfléchir. Puis, la fatigue m’envahit. J’avais sommeil. Je
plaçai le coquillage sur ma table de chevet avant de me mettre au lit.
Cette nuit-là fut habitée par des rêves tous plus bizarres les uns que
les autre. Chacun avait un point en commun, il représentait mon
coquillage.
Le matin venu, ma première préoccupation était évidemment mon trésor.
Trésor, il faut le dire vite. Un simple coquillage, une huître. Et si je
l’ouvrais, j’en aurais le cœur net. Je vais la déguster et je vais
avoir la paix. Oups… et ma promesse! C’est bien beau ma promesse, mais
si je l’ouvre, comment pourrai-je la protéger ensuite ? J’en
suis responsable après tout. Puis comment la partager ? Aie, me
voila qui me pose des problèmes de conscience avec une simple huître.
Ça ne va pas trop bien mon affaire! Puis en y réfléchissant bien, j’ai
pris la responsabilité d’ouvrir cette huître mystérieuse. Après
tout, n’était-elle pas cachée dans un coffre au trésor? Avec
délicatesse, j’ouvre l’huître.
Je n’étais pas au bout de mes surprises, Baignant dans son jus, qui je
présume la nourrissait, je trouve une perle. Mais une perle superbe.
Comme je n’ai jamais vue. Une humble perle; ronde, pas vraiment blanche,
plutôt nacrée même. Un trésor qui s’ignore. Moi qui aime les perles.
Ça faisait longtemps que j’avais eu une perle entre mes doigts. Si j’aime
les perles, c’est qu’elles sont simples, elles ne brillent pas de
mille éclats comme le diamant, elles sont même plutôt discrètes. Ma
perle n’était pas une perle comme les autres, vous vous en doutiez
bien. Elle avait comme une tache qui ne se voyait pas beaucoup, mais qui
faisait peur à bien des personnes lorsqu’elles la constataient. On me
disait: "pourquoi t’attacher à ce caillou sans valeur?"
Ma réponse était toujours la même: "une perle, même imparfaite,
reste une perle. Puis, sa différence, fait d’elle une perle unique, on
doit la voir telle qu’elle est, elle n’est pas responsable de son
apparence après tout. Puis moi, cette perle je n’ai pas envie de la
comparer aux autres. Ni aux perles qu’on dit parfaites, ni aux
autres."Plus je la regardais, plus elle me parlait. Plus je l’appréciais.
Les jours, les semaines, le temps passe. Aujourd’hui, je serais
incapable de me séparer de ma perle. Elle prend de la place dans ma vie
cette simple perle, ce trésor qui s’ignore.
Oui, Brigitte, tu es cette perle, ce petit caillou imparfait comme
certains se plaisent à dire. Tu es différente certes, et c’est ce qui
fait de toi une personne unique. Je te découvre un peu plus chaque jour
et ce que je découvre est beau. Tu comptes pour moi, tu es d’abord une
amie et une amie, ça n’a pas de pris, ça ne s’achète pas.On est d’une
certaine façon responsable de ses amis. On ne peut se permettre d’être
indifférent à ses besoins. L’amitié, c’est fait pour être
partagé. On ne peut demander à une amie une amitié exclusive, de là la
liberté qui vient avec l’amitié. Une amie c’est un cadeau, mais il
faut savoir en prendre soin, ne pas l’étouffer et la laisser libre.
Brigitte, ton amitié, compte plus que tout pour moi. On est sur la même
longueur d’onde toi et moi. C’est magique. Tout est simple entre nous
et tout doit le rester. Pourquoi se compliquer les choses avec les
conventions établies? Tu changes à mon contact tout comme je change au
tien. J’accepte de changer, parce que la vie c’est le changement
perpétuel. Il n’y a rien de coulé dans le béton, même nos certitudes
les plus certaines. J’en sais quelque chose.
Malgré l’océan et les kilomètres qui nous sépare physiquement, nos
esprits sont voisins. Tu te livres à moi avec autant de transparence que
je le fais avec toi. Je découvre en toi une femme intelligente et
généreuse qui sait séduire et qui mérite qu’on lui prête attention.
Tu deviens ma muse tu sais, j’ai tellement de facilité à écrire
lorsque je parle de toi. Surtout que je sais que tu te plais à me lire.
Jocelyne, 16 juin 2002
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