L'Expérience
de la sensation
Denise Bérubé, (FQM – Trager International)
Jocelyne Gouge, (S.P.R.Q. – ActionPARKINSON)
L’Approche
du Docteur Trager est un travail subtil, profond et tout en
sensibilité. Un processus d’exploration et de rééducation du
mouvement suggérant des sensations vers plus de douceur, d’expansion,
de légèreté, de liberté et d’espace en soi et avec l’autre.
Le receveur se trouve confortablement étendu sur une table de massage,
le praticien utilise le langage du toucher et du mouvement : bercements
doux et rythmés, balancements, élongations et pressions. Ni huile ou
lotion ne sont utilisées. Le client fait l’expérience du lâcher
prise, de l’abandon et atteint ainsi un état de calme profond et d’immensité
d’espace.
Également, pour ancrer davantage le processus d’apprentissage amorcé
par le ravail de table, le praticien enseigne une série de mouvements
simples(Mentastics®) qui ont pour but d’intensifier les effets de la
séance et d’intégrer l’expérience à la vie quotidienne.
Le Docteur Trager disait : " … Tant que l’on n’a pas fait l’expérience,
ce ne sont que des mots. Après l’expérience, les mots deviennent
inutiles. "
J’ai donc invité une de mes clientes, Jocelyne Gouge, à partager
avec la collectivité Parkinson sur son expérience en Trager
On entend de plus
en plus parler du Trager de ses bienfaits. Qu’en est-il au juste? Ma
curiosité naturelle m’a amené à vivre l’expérience du
mieux-être tant physique que mental. Le Trager m’apprend à prendre
conscience des sensations qui sont présentes dans mon corps; il m’apprend
à me libérer des tensionsqui masquent ces sensations.
Le Trager c’est la lenteur, la douceur. C’est aussi une forme de
communication entre la personne qui le donne et le corps de celle qui le
reçoit. Comme si ma praticienne enseignait à mon corps comment bien
bouger; comment bien fonctionner : au début d’une séance, je sens
les mains de Denise qui doucement font bouger mon corps. Puis
tout-à-coup, mon corps bouge de lui-même avec liberté et aisance,
sans douleur ni contrainte. L’enseignement se fait aussi au niveau
mental: j’apprends à m’abandonner, à relâcher les tensions, à
lâcher prise.
Le temps que je passe sur la table de massage est comme une
conversation, un dialogue entre Denise et mon corps. Elle transmet un
modèle de mieux-être et le corps y répond tout simplement. Je m’abandonne,
me laissant doucement aller sur le Chemin de la Sensation. Souvent je m’endors
mais pas toujours. Les bienfaits sont les mêmes que je dorme ou pas.
Pour ceux et celles qui n’ont aucune idée de ce qu’est une séance
de Trager, je vais vous décrire ma première expérience. J’étais
alors comme vous, je n’avais aucune idée de ce qui m’attendais. Je
voulais faire un article pour mon bulletin d’information mensuel:
"ActionPARKINSON" et je désirais vivre l’expérience avant
d’en parler. J’avais de la documentation sur le sujet mais je ne
voulais pas la lire avant, afin d’éviter de me créer des attentes.
Une expérience peu banale
Si je parle de vivre l’expérience, c’est tout simplement parce qu’on
ne reçoit pas un «traitement» comme on reçoit un massage
conventionnel. Une séance Trager nous fait vivre une expérience de
confort, de paix et de bien-être intérieur qui semble se graver autant
dans le corps que dans l’esprit. Ce qu’il y a de plus merveilleux, c’est
que cet état d’esprit et ce sentiment de bien-être et de paix
demeurent en nous. Pour ma part, je n’ai qu’à fermer les yeux et à
me remémorer la séance pour me retrouver dans cet état de bien-être
global.
Je vous raconte ici mon expérience personnelle, plusieurs personnes
pourront ressentir les mêmes effets que moi, pour certaines les effets
seront moins marqués tandis que d’autres auront des effets
supérieurs aux miens; les résultats étant liés au degré de
réceptivité du sujet.
Comment s'est déroulée la séance?
En arrivant chez Denise, elle m’invite dans une pièce que j’appellerai
la "salle des douceurs". Cette pièce transpire la
sérénité, le calme, la détente. Nous avons un bref entretien au
cours duquel j’indique les effets de la maladie qui sont les plus
invalidants pour moi. Ensuite, elle sort de la salle, je me déshabille
et m’allonge sous un drap, sur la table de massage. J’ai amplement
le temps de m’imprégner de l’atmosphère des lieux avant son
retour.
Elle revient lentement, sans faire de bruit, me demande comment je me
sens, elle s’installe à ma tête, se réchauffe les mains et l’aventure
commence. J’essaie de porter attention à ce qu’elle fait mais très
rapidement je perds le contrôle de ma volonté. Je sens que quelque
chose se passe en moi. Par moment, j’ai même l’impression que mon
corps bouge tout seul. Je perçois un mouvement et j’ai vraiment la
sensation qu’il bouge de lui-même, sans que j’aie le moindre
contrôle sur lui. J’essaie de percevoir la source du mouvement mais j’en
suis incapable. Puis, je me sens envahie par un immense bien-être. Je
perds la notion du temps et de l’espace. Je m’abandonne, lentement
je lâche prise et me laisse imprégner de sensations nouvelles mais
rassurantes. Je sens comme un dégagement du système respiratoire. Je
sens mon système musculaire se décontracter, lentement, tout en
douceur. Mon corps est en paix, en harmonie avec mon esprit. C’est
comme si un canal de communication s’ouvrait. Ce corps hypothéqué
par la maladie qui n’en fait le plus souvent qu’autrement qu’à sa
tête, ce corps qui ne répond pas toujours à la commande, ce corps qui
ne suit plus toujours le coeur et la tête, redevient à l’écoute.
Mon esprit, qui de son côté est souvent frustré par ce corps qui ne
répond pas à ses demandes, s’ouvre sur les besoins de ce corps. Un
équilibre s’installe entre le corps et l’esprit. Je me sens passer
de la position dorsale à la position ventrale; j’entrouvre
brièvement les yeux et retombe dans le monde de Une expérience peu
banale Comment s’est déroulée la séance Sentir un toucher très
doux qui suggère à la tête de se laisser aller librement l’harmonie.
Je sens des courants qui irradient vers chaque partie de mon corps. Ma
respiration est profonde, facile.
Doucement, j’émerge, je refais surface. J’ouvre les yeux, prends
une grande inspiration que je relâche lentement. Je prends quelques
minutes pour reprendre contact avec la réalité. Je m’étire et c’est
comme si j’avais gagné quelques centimètres tellement l’amplitude
des étirements est grande. Je m’assoie lentement, les genoux contre
la poitrine, la tête penchée par en avant pour étirer mes vertèbres;
un exercice que je pratique régulièrement. Je suis tellement
confortable que je garde cette position pendant que Denise me demande
mes impressions sur ce que je viens de vivre. On parle un peu de moi, de
ce que je vis. Lorsqu’elle quitte la salle, je reste encore un moment
dans cette position; je me sens bien. Puis je me lève; première
constatation: je suis stable sur mes deux jambes et j’ai retrouvé l’équilibre.
Depuis plusieurs mois, j’en avais perdu un peu. On dirait que je
marche sur un nuage tellement j’ai l’impression d’être légère,
tellement les mouvements viennent seuls; sans efforts. En m’habillant,
deuxième constatation: j’ai une meilleure amplitude de mes
mouvements. Je sors de la salle des douceurs en me promettant d’y
revenir régulièment.
Je retourne à la maison, remplie d’une énergie nouvelle, en pleine
possession de mes moyens, dans un état de bien-être indescriptible.
Parfois je prends plaisir à m’étendre, à fermer les yeux et à
recréer en moi ce que j’ai vécu. Croyez-moi, ça fonctionne. C’est
comme si la séance était enregistrée dans mon esprit pour être
recréée au besoin.
L’effet Trager m’a apporté trois jours de congé de la maladie de
Parkinson; trois jours sans symptômes désagréables; trois jours de
répit. Depuis ce jour, je me fais cadeau d’une séance mensuelle,
même si je n’en ai pas vraiment les moyens. Les bienfaits que j’en
retire sont tels que le Trager fait maintenant partie des parcelles de
bonheur que je m’offre assidûment pour me retrouver et reprendre
contact avec mon corps et mon esprit. Ces instants de "
dialogue" entre la praticienne et mon corps, amènent mon esprit à
lâcher prise, et par le fait même me permettent de m’abandonner
totalement, à me laisser bercer par les sensations qui m’habitent,
tout simplement, dans la douceur, le calme et la paix intérieure.
Une approche gagnante
On entend de plus en plus parler du Trager et on en entendra parler de
plus en plus. La recherche en cours mènera j’en suis certaine à des
résultats concluants au niveau scientifique. Le cerveau, le système
nerveux central ; deux grands méconnus, réagissent positivement à une
approche que certains qualifient «d’ésotérique». Verrons-nous le
jour où des séances de Trager seront prescrites pour traiter diverses
maladies ; diverses déficiences? Moi j’y crois ! J’ai tellement
constaté d’amélioration chez moi que je ne peux qu’y croire. Je
laisse les sceptiques se confondre, cependant, je leur demande de vivre
l’expérience, en toute bonne foi avant de porter un jugement.
Le présent témoignage est fait librement, je le fais parce que
plusieurs personnes me demandent de l’information à ce sujet. Je n’ai
aucun intérêt à promouvoir le Trager si ce n’est que ma volonté de
donner le goût à d’autres personnes de vivre l’Expérience de la
Sensation. Parce que le Trager, c’est un cadeau qu’on se fait tout d’abord
par curiosité, puis ensuite, parce qu’on recherche ces sensations de
mieux être.
Être libre dans mon corps et dans ma tête, c'est ce qui me permet de
cohabiter avec Madame Parkinson et l'approche Trager m'a appris à me
sentir libre et à pouvoir recréer cet état d'abandon et de
sérénité.
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